Depuis l'abandon de la stratégie du New Labour en matière d'inégalités de santé, ces dernières se sont creusées au Royaume-Uni. Une critique récente suggère que les acteurs politiques du New Labour ont été induits en erreur et orientés vers des solutions moins efficaces par une conception « consensus international » des inégalités de santé, qui médicalise de manière contre-productive les inégalités sociales. Cette recherche a examiné si les acteurs des politiques sociales, économiques et de santé aux niveaux décentralisés partageaient ce cadre d'analyse des inégalités de santé fondé sur le « consensus international ».
Méthodes
Le gouvernement écossais et l'autorité combinée du Grand Manchester ont été choisis comme cas d'étude. Trente-quatre décideurs politiques ont été interviewés et une analyse de cadrage a été menée sur trente textes de stratégie en matière de politiques sociales, économiques et de santé, publiés entre 2017 et 2022.
Résultats
Dans ces contextes, le cadre politique du « consensus international » s'appuyait sur un discours moral fort, soulignant l'injustice sociale d'une répartition systématique des maladies et des décès. Cependant, un soutien politique se développait autour des inégalités de santé présentées sous l'angle de « l'inactivité économique liée à la maladie » et des « soins de santé pour les groupes défavorisés ». Ces deux cadres alternatifs, utilisant la même terminologie, orientaient les solutions politiques vers des soins de santé réactifs au niveau individuel, plutôt que vers des politiques publiques préventives à l'échelle de la population.
Conclusions
Dans ces contextes politiques, l’« inégalité en matière de santé » est appréhendée de trois manières concurrentes. Afin de minimiser les ambiguïtés, il est préférable d’utiliser des termes alternatifs tels que « inégalités sociales en matière de santé » et « inégalités d’accès aux soins ».