Objectif : Le suivi de grossesse en France inclut la réalisation d’un entretien prénatal précoce (EPP), permettant d’évaluer avec la femme enceinte ses éventuels besoins d’accompagnement durant la grossesse. L’objectif était d’étudier les facteurs associés à l’absence d’EPP.
Méthodes : La population d’étude correspondait aux femmes avec une naissance vivante en France métropolitaine ayant répondu à la question concernant la réalisation de l’EPP dans l’ENP 2021 (n=10925). Les caractéristiques individuelles et l’offre de soins ont été analysées par des tests de Chi-deux et une régression logistique mixte multivariée.
Résultats : Plus de 60% des femmes ont déclaré ne pas avoir eu d’EPP ou qu’elles ne savaient pas. Les femmes de moins de 25 ans (OR ajusté=1,30, 95%IC [1,10-1,55]), de nationalité non française (ORa=2,10[1,61-2,73] si nationalité d’un pays d’Afrique du Nord), ou avec un niveau d’études inférieur au Baccalauréat (ORa=2,17[1,86-2,54]), avaient une probabilité plus importante de déclarer ne pas avoir bénéficié d’un EPP. En comparaison avec un suivi réalisé par une sage-femme libérale, les femmes suivies par un gynécologue-obstétricien libéral ou public (ORa=1,81[1,62-2,03] ; ORa=1,66[1,42-1,95]), un médecin généraliste (ORa=1,62[1,29-2,04]) ou une sage-femme en maternité (ORa=1,19[1,03-1,37]) déclaraient plus souvent ne pas avoir eu d’EPP, ainsi que les femmes résidant dans un département avec une faible densité de sages-femmes libérales (ORa=1,51[1,11-2,05]).
Conclusions : La sensibilisation et la formation des professionnels de santé à l’EPP sont un enjeu pour son déploiement, car des inégalités sociales existent dans sa pratique actuelle. Une attention particulière doit être portée aux populations socioéconomiquement plus vulnérables.
Veille documentaire
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Les liens sociaux – la manière dont les individus interagissent et interagissent les uns avec les autres – ont des effets considérables sur la santé, l'emploi, l'éducation et l'engagement civique. Ce rapport s'appuie sur les conclusions de la publication phare de l'OCDE sur le bien-être, Comment va la vie ? , pour fournir un aperçu approfondi des liens sociaux dans les pays de l'OCDE, élargissant ainsi la base de données sur cette priorité politique émergente. S'appuyant sur des sources de données officielles récemment combinées et portant sur de larges échantillons, il compare la quantité et la qualité des liens sociaux entre les groupes de population et suit l'évolution de ces résultats au fil du temps. Les résultats révèlent que (1) les rencontres physiques sont moins fréquentes que par le passé, tandis que le sentiment d'appartenance autodéclaré n'a montré que récemment des signes de détérioration dans le contexte de la pandémie de COVID-19 ; (2) les hommes et les jeunes – groupes auparavant considérés comme à faible risque – ont connu certaines des plus fortes détériorations ; (3) les privations de liens sociaux se confondent souvent avec les désavantages socio-économiques, la solitude et l'âge avancé ; et (4) les facteurs qui influencent les liens sociaux sont complexes et englobent des facteurs socio-économiques, environnementaux et structurels. Ce rapport explore les infrastructures sociales et les technologies numériques comme deux exemples de facteurs de (dé)connexion qui peuvent être ciblés par les politiques.
Les troubles de santé mentale tels que la dépression et l'anxiété représentent un fardeau important pour les individus et les sociétés. Les symptômes dépressifs légers à modérés touchent un adulte sur cinq dans les pays de l'OCDE et de l'UE27. Souvent, ils ne sont ni diagnostiqués ni traités, ce qui accroît le risque d'évolution vers des pathologies plus graves et alourdit les coûts sociétaux globaux. Dans le cadre des travaux de l'OCDE sur les meilleures pratiques en santé publique, ce rapport identifie onze interventions prometteuses mises en œuvre dans les pays de l'OCDE et de l'UE27. Il s'agit notamment de programmes de résilience en milieu scolaire, de formations en littératie en santé mentale ciblant les professionnels de première ligne, d'initiatives de prévention du suicide et d'un meilleur accès aux services de santé mentale. Les analyses de l'OCDE montrent que ces interventions améliorent le bien-être mental, préviennent la détérioration des symptômes, améliorent les résultats scolaires et professionnels et procurent des bénéfices sanitaires et économiques mesurables. Avec un soutien politique adéquat, notamment des investissements dans la planification des effectifs et l'utilisation de stratégies de mise en œuvre établies, ces interventions peuvent être déployées et transférées avec succès entre les pays.
Le kit de formation « SELMA » est composé d’un court-métrage et d’un guide de formation qui donne les clés pour repérer la stratégie des agresseurs, identifier les différentes formes de violences, comprendre leurs impacts sur les victimes et en reconnaître les signaux, être en capacité d’intervenir pour signaler les violences et protéger les victimes.
En 2018, le Département de l’Isère a mis en place une campagne de promotion de la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) appelée « StopHPV ». Notre article vise à décrire et étudier la contribution de cette campagne sur l’évolution de la couverture vaccinale HPV en Isère. Notre étude suggère une efficacité de la campagne StopHPV, dont l’objectif de doubler la couverture vaccinale HPV d’ici à 2022 a été atteint. Notre évaluation souligne l’importance de maintenir la formation des médecins généralistes à la vaccination HPV et la pertinence de réaliser une campagne de vaccination dans les établissements scolaires. Il semble également essentiel de travailler sur les inégalités socio-culturelles en diffusant un message ciblé dans les établissements classés REP.
La réforme visant à fusionner les services d’aide et de soins à domicile est lancée depuis 2023 et devrait (ou aurait dû) aboutir fin 2025. On sait toutefois que le cadre imposé rend difficile, voire impossible, une telle ambition. Le Think Tank Matières Grises propose dans cette note de revenir sur les points de blocage de cette réforme, pourtant attendue par tous, et formule des propositions opérationnelles pour réussir sa mise en œuvre.
14 ans après sa première enquête, la FAS rend à nouveau visible la place de la culture dans l’accompagnement des personnes en situation de précarité. Avec des données chiffrées et des témoignages de terrain, cette étude montre la richesse des pratiques existantes, identifie les freins et surtout met en lumière les impacts, souvent indicibles mais déterminant, de la culture sur les personnes accompagnées comme sur les professionnel.le.s du secteur social.
L’enquête nationale du SPH éclaire, à travers un large panel professionnel, les défaillances structurelles de la prise en charge psychiatrique des 16-18 ans en France : ruptures de parcours, pénurie de lits, délais d’accès excessifs, hospitalisations par défaut en services adultes. Les constats convergent sur l’absence d’un cadre pratique et les injonctions paradoxales qui pèsent sur les équipes, obligeant à improviser et à travailler dans l’urgence, souvent au prix de la sécurité, de la dignité et de la continuité des soins.
L'état de santé mentale n'est pas homogène d'une population à l'autre, mais diffère entre hommes et femmes, ainsi que selon l'orientation sexuelle, l'origine ethnique et autochtone, le statut migratoire et le statut socio-économique, entre autres. Les inégalités en matière de santé mentale sont souvent aggravées par les inégalités d'accès et de qualité des soins de santé mentale, qui sont plus susceptibles d'avoir un impact négatif sur les personnes en situation de vulnérabilité. Ce document de travail commence par un aperçu des inégalités en matière d'état de santé mentale, d'accès, d'expérience et de résultats des soins de santé mentale, en quantifiant ces différences et en examinant leurs déterminants et facteurs de risque. La deuxième partie du document renforce les données probantes sur les politiques visant à remédier aux inégalités identifiées. S'appuyant sur des informations recueillies auprès de 37 pays de l'OCDE au moyen d'un questionnaire et d'entretiens, il caractérise l'adoption de politiques visant à promouvoir une bonne santé mentale et à prévenir les troubles mentaux, à accéder à des soins de santé mentale adaptés et de qualité, et à améliorer l'expérience et les résultats des traitements pour les groupes les plus vulnérables et les plus à risque. L’article met en évidence les stratégies pertinentes et innovantes mises en œuvre par les pays pour lutter contre les inégalités et complète les informations nationales avec des preuves issues de la littérature sur les interventions qui semblent efficaces pour renforcer la résilience de la santé mentale de la population et combler les lacunes en matière de santé mentale.
La santé mentale des enfants et des adolescents est un problème de santé publique majeur, la dépression et l'anxiété figurant parmi les affections les plus courantes dans les pays de l'UE/EEE. Les symptômes de troubles mentaux peuvent passer inaperçus et, sans intervention rapide, des symptômes légers à modérés peuvent évoluer vers des troubles plus graves. Avec le soutien de la Commission européenne, l'OCDE a identifié et évalué 11 bonnes pratiques pour prévenir les troubles mentaux et promouvoir une bonne santé mentale. Ce rapport propose aux décideurs politiques des stratégies efficaces pour préserver la santé mentale des générations futures, améliorant ainsi leur bien-être, leur productivité et leur prospérité à long terme.
Cet article présente une analyse des caractéristiques épidémiologiques et virologiques de l’épidémie grippale survenue en France hexagonale durant la saison 2024-2025.
a résistance aux antimicrobiens (RAM) constitue une menace croissante pour la santé mondiale, compromettant l’efficacité des traitements vitaux et exposant les populations à un risque accru, qu’il s’agisse d’infections courantes ou d’interventions médicales de routine. Le Système mondial de surveillance de la résistance et de l’utilisation des antimicrobiens (GLASS) de l’OMS aide les pays à mettre en place des systèmes nationaux de surveillance et à générer des données standardisées pour guider l’action de santé publique. Ce nouveau rapport de l'OMS présente une analyse mondiale de la prévalence et des tendances de la résistance aux antibiotiques, s'appuyant sur plus de 23 millions de cas confirmés bactériologiquement d'infections sanguines, d'infections urinaires, d'infections gastro-intestinales et de gonorrhée urogénitale. Les données ont été communiquées par 104 pays en 2023 et par 110 pays entre 2016 et 2023.