La prise en compte de la santé des minorités de genre s’est souvent limitée aux enjeux liés aux opérations de réassignation et à l’idée d’une pathologie psychiatrique. Or, depuis quelques années, un glissement s’est opéré : il ne s’agit plus seulement d’évoquer un « transsexualisme » et une population « souffrante », mais bel et bien des citoyens et des citoyennes devant accéder pleinement à leurs droits, notamment concernant leur santé. Pourtant, en contexte français du moins, les connaissances en la matière restent quelque peu lacunaires. Ce numéro de « Questions de santé publique » propose alors un état de lieux de la santé des personnes trans en rassemblant des données nationales et internationales afin de mieux cerner les enjeux autour de cette population.
Veille documentaire
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Le kit prend appui sur les grands principes d'un apprentissage efficace des CPS, il propose : 1) une progression structurée, tout en laissant la liberté à chaque professeur de l'adapter au contexte d'enseignement et aux besoins des élèves ; 2) des activités expérientielles, qui permettent de construire des apprentissages sur la base d'expériences ou d'observations ; 3) un apprentissage explicite, qui permet aux élèves d'identifier clairement les objectifs et méthodes d'apprentissage. Ce kit est composé d'une trentaine de fiches pour chaque cycle de l'école primaire. Les équipes pédagogiques disposent ainsi d'au moins une séance hebdomadaire pour les six mois de l'expérimentation. Ces fiches, déclinées pour chaque cycle, sont composées de trois grandes parties : 1) un apport théorique, qui apporte aux professeurs les apports scientifiques indispensables à la conception et la mise en œuvre des activités ; 2) une activité scénarisée sous la forme d'une fiche de préparation synthétique ; 3) une fiche de ressources à imprimer pour la mise en œuvre de la séance.
Les sciences comportementales rassemblent les disciplines scientifiques qui étudient les sources du comportement humain et qui explorent les leviers qui peuvent amener des individus ou des groupes à changer leurs usages et leurs habitudes de vie.
L'OMS a adopté une résolution sur les sciences comportementales au service de la santé, qui montre qu’il existe un large consensus sur la nécessité d’intégrer systématiquement la théorie, les méthodes et les approches relevant des sciences comportementales dans les domaines de la santé et dans les fonctions de santé publique. Dans cette résolution, les États Membres sont instamment invités à reconnaître le rôle que jouent les sciences comportementales pour obtenir de meilleurs résultats en santé, à identifier les possibilités pour y recourir davantage et à créer des fonctions ou des unités afin de produire des données probantes et de s’en servir pour orienter les politiques et les programmes. Le Directeur général est également prié d’intégrer les sciences comportementales dans les travaux de l’Organisation et d’apporter un soutien aux États Membres en préparant des orientations et en apportant un appui technique. Les États Membres ont salué la réalisation que constitue l’Initiative de renforcement des sciences comportementales au service de la santé, dirigée par le Secrétariat, ont félicité la Malaisie, auteur principal de la résolution, ainsi que les 19 autres pays co-auteurs, et ont remercié le Directeur général pour le rapport. Ils ont souligné qu’il importait de renforcer les capacités dans ce domaine, en particulier dans les bureaux régionaux, et de créer un répertoire de données factuelles et des synergies entre les secteurs, en collaboration notamment avec les universités et le secteur privé.
Ce premier baromètre spécifique dédié à la précarité hydrique dans le logement cherche mettre en avant une problématique encore trop peu connue, en vue d'informer et de sensibiliser les parties prenantes. Il propose une définition du problème et un ensemble d’indicateurs et d’analyses permettant aux différents acteurs confrontés à la problématique de mieux l’appréhender sous des angles variés.
À partir d’une enquête qualitative menée par entretiens et observations, réalisée entre 2021 et 2022 auprès de 108 jeunes femmes et jeunes hommes incarcérés âgés de 14 à 24 ans dans sept prisons situées en France hexagonale, cette recherche présente les enjeux du passage à la majorité civile en détention. À travers l’étude de leurs parcours de vie, des conditions d’arrivée en prison et de leur détention, l’enquête apporte des éléments sur la fin de leur prise en charge spécifique en tant que mineur·es, l’évolution des droits en contexte carcéral et leurs représentations de l’âge adulte.
Les Chibanis – “cheveux blancs” en arabe dialectal – désignent les anciens travailleurs immigrés arrivés en France dans les années 1970 pour exercer un emploi. Ils vivent encore pour la plupart au sein de foyers construits pour des hommes seuls exerçant une profession et non pour accueillir des hommes en situation de vieillissement. Notre travail anthropologique s’est organisé autour d’une population de Chibanis, vivant dans un foyer dans le 15e arrondissement de Marseille. Les objectifs étaient de mieux connaître cette population d’un point de vue médico-socio-culturel, de connaître les modalités de leur accès aux soins et enfin de connaître leur adhésion aux actions de prévention d’une association.
Cet article fait le point sur les évolutions en matière de consommation de tabac et de produits de vapotage, en France, depuis une trentaine d’années, et les enjeux qu’elles soulèvent pour les pouvoirs publics, en termes de prévention et de prise en charge des conséquences sociosanitaires. Produit d’une analyse conjointe de Santé publique France (SpF) et de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), il montre d’abord un « tournant générationnel » dans la consommation de tabac et les représentations sociales de la cigarette depuis le milieu des années 2010, avec un recul marqué de l’expérimentation parmi les adolescents, qui est devenue à la fois moins courante et plus tardive, ce qui était un des objectifs des plans nationaux de réduction du tabagisme successivement mis en place depuis 2014. Le tabagisme reste néanmoins assez stable parmi les adultes, prédominant chez les hommes, avec des écarts entre hommes et femmes qui se maintiennent depuis le début des années 2000. Au-delà du différentiel de genre, les disparités sociales de consommation restent importantes, parmi les jeunes comme à l’âge adulte. Cependant, si la prévalence du tabagisme ne progresse plus, celle du vapotage augmente, ce qui constitue un point d’attention dès lors qu’une partie de ces pratiques induit une consommation de nicotine. Cela induit également le risque d’une « renormalisation » de l’acte de fumer, qui constitue un point de vigilance des autorités sanitaires, en France comme dans d’autres pays européens. L’analyse se conclut sur la nécessité de continuer à adapter le système d’information statistique et les enquêtes qualitatives pour permettre un suivi épidémiologique de la situation qui reste performant.
À partir d'un échantillon de 18 008 volontaires inclus en 2017 dans CONSTANCES, une cohorte nationale en population générale française ayant recruté de manière aléatoire des volontaires de 18-69 ans affiliés au Régime Général d'Assurance Maladie, les prévalences d'usage du tabac en fonction de du statut vis-à-vis de l'emploi ont été estimées en 2017 et en 2019 après correction pour les biais de sélection à l'inclusion et de non-réponse au suivi.
Alors que l’intérêt de la cigarette électronique fait l’objet de débats scientifiques, l’arrivée sur le marché d’un produit marketing, les puffs, destiné aux adolescents est un nouveau défi pour les autorités sanitaires. Comment prévenir l’entrée des jeunes dans la dépendance à la nicotine, sans interdire le recours au vapotage par les fumeurs qui souhaitent arrêter la cigarette ?
Cet article propose une synthèse analytique des tendances internationales observables dans les politiques publiques de régulation du tabac dans ce premier quart du xxi e siècle. Il revient d’abord sur la densification du répertoire d’actions publiques et l’affirmation d’une stratégie consistant à encercler le tabac (désigné comme un ennemi) et à l’attaquer par le biais de différentes tactiques matérielles et symboliques. La régulation du tabac est un processus en mouvement permanent, du fait de l’intensité des échanges de coups entre protagonistes : ces interactions agonistiques se traduisent dans des luttes de cadrage qui entraînent une diversification des qualifications du tabac, comme problème sanitaire mais aussi environnemental et social. Enfin, l’article montre comment, à l’issue de ce quart de siècle de mobilisations diverses, s’esquisse la formulation progressive d’un changement de paradigme, où l’objectif de l’action publique ne serait plus seulement le contrôle du tabac mais sa disparition comme bien courant.
Cet article présente l’approche dite de dénormalisation, qui s’est progressivement imposée dans le champ de la lutte contre le tabac. Cette démarche regroupe un ensemble varié de pratiques et entend renouveler les méthodes de la lutte contre le tabac en élargissant sa portée au-delà des considérations individuelles et sanitaires habituelles ; elle envisage le tabagisme en tant que problématique sociétale. Cette contribution illustre la mise en œuvre de cette approche, incarnée en France par les campagnes de dénormalisation de l’Alliance Contre le Tabac depuis 2019. La dernière campagne réalisée en janvier 2023 démontre que le tabagisme, au-delà de son impact sanitaire, aggrave aussi les difficultés financières quotidiennes des personnes les plus modestes. La présentation de ce dispositif permet d’illustrer le déploiement de ce type de campagne, la méthodologie utilisée, les outils mobilisés et les résultats obtenus, grâce à la réalisation d’un post-test.