En France, près d’une personne sur quatre déclarait se sentir seule en 2025. Un isolement qui touche en particulier les jeunes et les personnes âgées. Et peut représenter une source importante de souffrance. Parmi les leviers possibles, figurent la pratique d’activités de proximité ainsi que le développement du bénévolat.
Veille documentaire - Santé mentale
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Un·e proche d’un·e enfant/adolescent·e a fait une tentative de suicide. Ce guide tente de répondre aux questions que tout un chacun peut avoir après un tel évènement : faut-il en parler à son enfant/adolescent·e ? Faut-il nommer l ‘acte ? Si oui, comment ? Aussi, il propose des repères selon l’âge d’un·e enfant/adolescent·e sur les thématiques que soulève une tentative de suicide (représentations de la mort, de la souffrance psychique), afin de faciliter l’échange. Enfin, ce guide présente des ressources, professionnelles et littéraires, sur lesquelles s’appuyer en cas de besoin. Son contenu reste à adapter et à personnaliser selon le degré de développement et de compréhension des évènements de chaque enfant/adolescent·e. Il vous revient d’ajuster le niveau de détails que vous souhaitez communiquer.
La stigmatisation en psychiatrie et en santé mentale demeure un obstacle majeur à l’accès aux soins, au rétablissement et à l’inclusion sociale. Elle se manifeste par des stéréotypes, des discriminations et une auto-stigmatisation, aggravant la souffrance psychique et les inégalités. L’objectif de cet article est d’analyser en France et en Europe, les déterminants de l’efficacité des facteurs protecteurs contre la stigmatisation dans les domaines de la psychiatrie et de la santé mentale.Notre étude s’appuie sur une revue narrative critique (période 2015–2025 ) qui repose sur une recherche structurée dans PubMed/MEDLINE, PsycInfo, Scopus et Web of Science, complétée par une revue de la littérature grise (OMS, OCDE, Eurobaromètre, Santé publique France, rapports associatifs). La sélection et l’évaluation de la qualité des sources ont été réalisées en double lecture indépendante à l’aide de grilles adaptées aux études quantitatives et qualitatives.
La santé mentale de la population agricole française constitue un enjeu majeur de santé publique. Elle est marquée par une vulnérabilité accrue au suicide, liée à des conditions de travail éprouvantes, à l’isolement social, aux pressions économiques et à un accès limité aux soins en milieu rural. Dans ce contexte, le déploiement du dispositif Sentinelle agricole apparaît comme un modèle pertinent de prévention du suicide, fondé sur une approche communautaire et collaborative. Piloté par la Mutualité sociale agricole (MSA), en collaboration avec le Groupement d’études et de prévention du suicide (GEPS), ce dispositif vise au repérage précoce et à l’orientation des personnes à risque suicidaire grâce à un réseau de sentinelles issues ou en contact étroit avec le monde agricole. Inscrit dans le Programme de prévention du mal-être agricole (PMEA), le dispositif s’appuie sur l’ancrage territorial de la MSA, sur ses élus, sur ses professionnels des caisses locales MSA, ainsi que sur ses valeurs mutualistes. La formation des sentinelles, conçue par le GEPS et adaptée aux réalités agricoles, constitue un pilier central du dispositif. Une innovation récente repose sur le développement de facilitateurs agricoles, coanimateurs non cliniciens formés pour renforcer l’appropriation du programme par les communautés rurales dans une logique de pair à pair. Au 31 décembre 2024, plus de 8 000 sentinelles sont actives sur les territoires ruraux français. Malgré des défis persistants, ce modèle collaboratif et communautaire apparaît prometteur pour réduire les inégalités sociales et territoriales en santé mentale et renforcer la prévention du suicide en milieu agricole.
Les Semaines d’information sur la santé mentale (SISM) constituent un rendez-vous annuel visant à promouvoir la santé mentale auprès de l’ensemble de la population sur les territoires français. À travers des ciné-débats, expositions et ateliers, les participants s’informent, questionnent leurs représentations sociales et identifient des ressources individuelles et collectives. Ces actions sont portées par des acteurs variés réunis au sein de collectifs SISM locaux. Face à l’augmentation du nombre d’événements et de collectifs recensés, nous avons cherché à analyser les pratiques de collaboration au sein de ces regroupements afin d’en identifier les facteurs de réussite. Une étude quantitative a été menée à partir d’un questionnaire auto-administré, analysé par statistiques descriptives. L’outil a été élaboré à la suite d’entretiens semi-directifs exploratoires.
Dans un contexte où les institutions recommandent de répondre aux défis de santé en coopération avec les personnes concernées par ces défis, nous avons choisi de construire et d’expérimenter une cellule territoriale d’appui aux parcours de rétablissement liés aux addictions, et cela en partenariat avec des personnes concernées par un trouble de l’addiction. Pour co-construire et expérimenter le dispositif, des hypothèses stratégiques (concernant les critères d’identification des patients-partenaires, des méthodes et étapes d’élaboration, etc.) ont été explicitées afin de pouvoir en évaluer l’alignement avec les recommandations de bonnes pratiques et en observer l’adéquation. Pour identifier et caractériser les apprentissages, des entretiens qualitatifs ont été menés après chaque accompagnement réalisés par les patients-partenaires ainsi qu’un travail de maïeutique visant la conscientisation et l’explicitation des savoirs expérientiels dans l’accompagnement des personnes concernées comme de la coopération avec les professionnels.
Les groupes d’entraide mutuelle (GEM) autisme sont conçus comme des espaces d’empouvoirement favorisant l’inclusion, la citoyenneté et par là même, la santé mentale des personnes autistes. L’opportunité d’autogestion par les personnes concernées ouvre des perspectives fortes de (re)construction identitaire, leur permettant de développer des compétences multiples, d’affirmer leur autonomie et de s’engager dans des dynamiques diverses de pair-aidance, de participation sociale ou encore de créativité.
Cependant, en pratique, les GEM autisme autogérés se heurtent à plusieurs freins, notamment un manque d’accompagnement spécifique, une reconnaissance institutionnelle limitée et une absence d’évaluation qualitative des effets sur les trajectoires individuelles et collectives. Les gestionnaires autistes, souvent en situation de précarité, doivent cumuler une foultitude de responsabilités sans bénéficier des ressources mutualisées dont disposent les structures médico-sociales traditionnelles. Cette réalité interroge la capacité des GEM autisme autogérés à devenir de véritables leviers durables de santé mentale publique.
Au-delà de ces constats, cet article propose de réfléchir au rôle que pourraient jouer ces GEM comme lieux de promotion de la santé et de recherche participative dans le champ de la neurodiversité, en s’inscrivant dans une approche respectueuse de l’autonormativité autistique et du principe de démocratie en santé : « rien pour nous sans nous ».
Cette synthèse des connaissances a pour objectif d’identifier les principaux obstacles rencontrés dans les systèmes de santé pour la prise en charge globale – incluant la santé somatique – des personnes vivant avec un trouble psychique sévère, ainsi que les réponses organisationnelles à y apporter. Cet état des lieux apporte ainsi des éclairages pour penser une politique de santé mentale publique centrée sur la réduction des inégalités de santé auxquelles fait face cette population. Nous nous appuyons sur une revue narrative de la littérature, quantitative et qualitative, avec une attention particulière portée aux recherches françaises afin de tirer des enseignements adaptés à ce contexte national.
Dans nos pays occidentaux, plus de la moitié des patients souffrant de troubles mentaux sont pris en charge par les professionnels de soins primaires sans suivi psychiatrique spécialisé. Le médecin généraliste (MG) occupe donc une place naturelle, en tant qu’acteur de première ligne, et un rôle crucial dans la prise en charge de ces problèmes. Pour autant, le MG fait actuellement face aux mêmes défis que ceux portés par le concept de santé mentale publique. La prise en charge biopsychosociale, intégrant le somatique et le psychique au sein d’un large spectre de déterminants de santé, l’importance de la promotion de la santé et de la prévention en complément des soins curatifs, ainsi que l’approche communautaire et la vision populationnelle, sont autant de mots-clés partagés par les deux domaines. La forte augmentation des besoins, le déficit d’accès au MG et des modèles de soins encore trop souvent médico-centrés permettent difficilement aux MG de répondre à ces défis, les contraignant souvent à répondre en priorité à la plainte prédominante. Des solutions doivent être proposées pour lever certaines barrières les empêchant actuellement de mener correctement ces missions.
Ainsi, il est nécessaire de mettre en place une politique spécifique visant à promouvoir la formation et le soutien pratique continu entre les prestataires. Cela inclut également une politique de transformation organisationnelle, tant au niveau du développement d’équipes de soins primaires intégrant des professionnels dédiés à la santé mentale qu’au niveau plus large du système sanitaire, afin de permettre une meilleure collaboration entre première et seconde ligne de soins.
Dans un contexte de production croissante de politiques publiques en santé mentale et de multiplication des défis pour les systèmes publics, notamment en matière d’iniquités d’accès et de qualité des services, il devient crucial d’évaluer ces politiques sous l’angle de l’équité en santé. L’étude pilote présentée ici pose la question suivante : quelle évaluation de l’équité dans les politiques publiques de santé mentale ? En s’appuyant sur le cadre EquiFrame (2011) qui permet une analyse systématique des politiques publiques à partir de 21 concepts d’équité, et sur l’exemple contrasté de trois politiques québécoises, l’analyse intègre : 1) les concepts d’équité abordés (et leur degré de qualité) ; 2) les groupes en situation de vulnérabilité mentionnés ; 3) les concepts d’équité abordés selon les groupes en situation de vulnérabilité dans ces politiques publiques.
En France, les conseils locaux de santé mentale (CLSM) constituent l’une des rares démarches à croiser les trois principes fondamentaux de la santé mentale publique : l’inclusion des personnes concernées par des troubles psychiques, la territorialisation des réponses et la transversalité des approches. Pourtant, malgré leur ancienneté (près de 30 ans d’existence) et leur généralisation progressive (environ 300 territoires couverts en 2025), leur déploiement reste inégal, les moyens qui leur sont alloués demeurent insuffisants, et ils peinent à être pleinement investis par de nombreux acteurs.
Alors que la santé mentale est érigée au rang de Grande Cause nationale et que les débats oscillent entre la nécessité de soutenir une psychiatrie en difficulté et celle de développer des réponses moins médico-centrées, il est urgent de faire des CLSM des piliers stratégiques d’une santé mentale publique française ambitieuse.
Cet article défend l’idée que les CLSM ne sont ni un dispositif technique ni une instance de coordination de plus, mais une démarche démocratique et politique à part entière – une intelligence collective de proximité, pour agir ensemble sur ce qui, localement, favorise ou fragilise la santé mentale. Il s’agit ici d’ouvrir un espace de débat : quelles conditions institutionnelles, politiques et culturelles permettraient de reconnaître, consolider et déployer les CLSM comme leviers d’un véritable tournant en santé mentale publique ?
Les conseils locaux de santé mentale (CLSM) offrent un exemple concret et durable de ce que pourrait être une santé mentale publique pensée comme bien commun. À la croisée de la psychiatrie, de la santé publique et de la démocratie en santé, ils incarnent une approche intersectorielle, territorialisée et participative de la santé mentale. A partir d’un retour sur leur genèse, d’une analyse des textes de cadrage et d’exemples empiriques tirés des CLSM parisiens, enrichis par des retours d’expérience issus d’autres territoires, cet article propose de considérer les CLSM comme des opérateurs empiriques et imparfaits d’une santé mentale publique en actes. Loin d’être homogènes, ces dispositifs reflètent autant les particularismes locaux que les effets de l’absence de cadre normatif.