Penser un habitat, c’est penser les actes de la vie quotidienne, parmi lesquels les pratiques alimentaires structurent le quotidien et les interactions. Avec l’avancée en âge, elles sont bouleversées et engendrent parfois un appauvrissement nutritionnel pouvant remettre en question la possibilité de vieillir à domicile. L’objectif de l’étude est d’explorer les pratiques alimentaires individuelles et collectives de personnes âgées résidant au sein d’un habitat dit inclusif.
Le recueil de données s’appuie sur des observations, notamment dans un espace commun d’un habitat inclusif. Deux entretiens collectifs ont été animés avec une dizaine de personnes et des entretiens individuels ont été réalisés auprès de 8 habitants avec la passation d’une échelle d’évaluation de la dénutrition.
Malgré quelques solidarités de voisinage, les pratiques alimentaires individuelles demeurent impactées par l’isolement social, la précarité et une confusion dans les recommandations nutritionnelles engendrant pour certains un risque de dénutrition. Si des habitants se sont fédérés pour accéder de façon plus libre à la salle commune et qu’une forme de commensalité émerge dans l’espace collectif, grâce à la place centrale de l’animatrice et d’habitantes, des conflits d’usage et rapports de domination viennent l’entraver.
L’observation des pratiques alimentaires des personnes âgées résidant en habitat inclusif montre qu’au niveau individuel, les pratiques alimentaires restent inchangées et que sans projet social et spatial collectif émanant des habitants, la commensalité, pourtant portée comme vecteur de la lutte contre la dénutrition, ne peut prendre vie et se pérenniser.
Veille documentaire - Personnes âgées
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En France, il est estimé qu’entre 15 à 38 % des résidents en Ehpad sont dénutris. Dans ce contexte, l’objectif de cette étude est d’évaluer les effets de l’aménagement physique d’une salle de restauration sur la prise alimentaire des résidents vivant en Ehpad ainsi que leurs interactions sociales et leur plaisir alimentaire. L’étude mise en place est une étude interventionnelle comportant deux situations : une situation contrôle dans laquelle l’environnement de prise de repas n’a pas été modifié (N = 7) et une situation expérimentale dans laquelle l’environnement a été modifié (N = 9). L’intervention consiste à modifier l’ambiance de la salle de restauration afin de la rendre plus conviviale (i.e., décoration, musique) et ceci à raison de 2 jours par semaine pendant 4 semaines (8 séances au total). Les résultats montrent que les résidents déjeunant dans un environnement plus convivial consomment davantage l’entrée et le plat (mais pas le dessert), qu’ils ont un plaisir à manger important et qu’ils ont davantage d’interactions sociales (entre résidents et entre résidents et soignants) comparativement aux résidents du groupe sans intervention. Compte tenu de la problématique nutritionnelle en Ehpad, cette étude propose une piste prometteuse pour améliorer à moindre coût le plaisir de manger et la prise alimentaire chez des personnes âgées dépendantes.
Nous avons voulu montrer comment la démarche de la gériatrie pouvait se rapprocher de celle de la médecine intégrative. Nous avons précisé l’ensemble des approches psychocorporelles qui étaient déjà utilisées en gériatrie pour apporter des réponses complémentaires aux thérapeutiques classiques pour de nombreuses pathologies aiguës ou chroniques des patients âgés. Nous avons, enfin, voulu détailler tout ce que ces approches pouvaient apporter aux patients, au personnel soignant et à la qualité de leurs relations thérapeutiques.
En 2040, les seniors de 65 ans et plus représenteront en France un habitant sur quatre. Alors que la majorité souhaite vieillir à domicile, la question de l’adaptation du logement est cruciale pour préserver autonomie et qualité de vie. Seule aide pour le financement de travaux d’adaptation, MaPrimeAdapt’, lancée en janvier 2024 et diffusée par l’ANAH (Agence nationale de l’habitat), a pour objectif d’adapter 680000 logements dans les dix prochaines années pour permettre à chacun de vivre chez soi confortablement en prévenant les fragilités, notamment les chutes. Dans le cadre de la convention de recherche « Bien vieillir dans un chez soi », le CRÉDOC a réalisé pour la CNAV une enquête auprès de plus de 5000 retraités. Les résultats indiquent que près d’un sur cinq a déjà entrepris des travaux d’adaptation dans son logement et en perçoit un bénéfice en termes de confort, de sécurité et d’autonomie. Pour autant, 14 % n’envisagent pas d’aménager leur logement alors que cela serait nécessaire. Les principaux freins sont le déni du besoin, le coût, la gestion des travaux et les nuisances occasionnées. Et pour les locataires, le fait de devoir en informer le bailleur. Dans le parc social, l’enquête menée par le CRÉDOC pour l’ANCOLS auprès des bailleurs dévoile une prise de conscience des enjeux liés au vieillissement de leurs occupants. Huit sur dix considèrent que l’adaptation du parc à cette problématique est une priorité.
Date limite de candidature : 26 janvier 2026 - Cet AMI s'adresse à tous les porteurs de projets souhaitant mener des actions collectives de prévention de la perte d'autonomie, et plus précisément en capacité de proposer aux commissions des financeurs de la prévention de la perte d'autonomie (CFPPA) ou autres financeurs, le déploiement d'un programme de prévention multidimensionnel portant sur l'activité physique et l'alimentation à destination des personnes âgées de 60 ans et plus, vivant à domicile. Il s'agit, dans un premier temps, d'identifier les professionnels souhaitant être formés pour animer ce programme national et dans un second temps, de constituer un réseau et une communauté nationale de professionnels qui mettent en œuvre le programme.
alimentation des personnes âgées constitue un enjeu majeur dans les sociétés contemporaines parce qu’elle interroge l’expérience du vieillissement de la population vivant tant à domicile qu’en institution (Habitat Inclusif, Résidence Autonomie, Ehpad, hôpital). De nombreux travaux en sciences sociales, en gérontologie, en sciences du goût montrent qu’avec l’avancée en âge, synonyme de transformations physiques et psychiques impliquant une moindre capacité des personnes âgées « à faire », l’alimentation de ces dernières évolue vers une moindre diversité et une moindre qualité et davantage de monotonie alimentaire. En ce sens, l’alimentation est un indicateur du vieillissement, raison pour laquelle elle est fortement investie par les pouvoirs publics dans le cadre des politiques publiques nutritionnelles, dont un des objectifs est de lutter contre les risques de dénutrition liés à l’avancée en âge.
La fragilité est un état de vulnérabilité accrue des personnes âgées, qui constitue un signal d’alerte du risque de perte d’autonomie et qui peut être freiné voire résorbé par des mesures de prévention appropriées ou une prise en charge précoce. Multidimensionnelle et multifactorielle par nature, la fragilité a donné lieu à de nombreux travaux de conceptualisation et de mesure à l’aide d’échelles et de scores spécifiques. Parmi les différentes approches existantes, le phénotype de fragilité proposé par Fried et al (2001) constitue un outil de référence par sa simplicité et son pouvoir discriminant. Il repose sur une conception de la fragilité comme dégradation de cinq attributs fonctionnels de référence (énergie, mobilité, activité physique, poids, force musculaire) facile à opérationnaliser à partir de données d’enquête adéquates. Les inégalités sociales de fragilité en termes d’éducation, de revenu ou d’emploi sont bien établies, mais leurs évolutions dans le temps ont été peu documentées. L’enquête européenne sur le vieillissement SHARE est mobilisée ici pour mesurer la fragilité au sens de Fried, à la suite des travaux pionniers de Santos-Eggiman et al. (2009), puis analyser son évolution temporelle et ses différences structurelles, notamment sociales, en mettant à profit l’historique de 20 ans de données SHARE (2003-2023).
La Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) et l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) ont sélectionné 16 porteurs de projets. Les lauréats mettront en place et testeront des programmes d’accompagnement et de prévention de la perte d’autonomie auprès des publics âgés fragiles dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville entre 2025 et 2027.
En France, près de 8500 personnes décèdent de suicide chaque année dont plus de 30 % ont plus de 65 ans alors que cette classe d’âge représente environ 20 % de la population générale. Les taux de suicide sont les plus élevés parmi les hommes de 75 ans et plus, atteignant 49,5 pour 100 000 habitants, bien supérieur au taux moyen qui est de 13,4. Les tentatives de suicide sont moins fréquentes que pour les populations plus jeunes, en partie en raison d’une plus forte létalité des gestes suicidaires. Entre 3 et 5 % des personnes de plus de 65 ans ont exprimé des idées suicidaires au cours de la dernière année. Outre l’âge et le sexe, les principaux facteurs de risque suicidaires sont la maladie mentale, notamment la dépression, les troubles anxieux et les addictions ; les troubles neurocognitifs en début d’évolution ; la maladie physique douloureuse et invalidante, ou au pronostic vital engagé ; l’isolement social ; des événements de vie récents difficiles notamment les conflits interpersonnels, les difficultés financières, le veuvage chez les hommes, les changements de domicile, les maltraitances familiales et institutionnelles. La crise suicidaire est un état fluctuant et temporaire, de durée variable et sémiologiquement polymorphe. La douleur psychique est au cœur de la crise suicidaire ; le désespoir, les ruminations et les troubles du sommeil sont des éléments fréquents de ce tableau clinique. Nous décrivons ici brièvement plusieurs modèles cliniques, psychologiques et neurocognitifs du processus suicidaire. Au niveau individuel, la prévention du suicide repose sur l’identification des idées suicidaires de manière bienveillante et sans jugement, en reconnaissant la souffrance du sujet ; la mobilisation de l’entourage et des soignants, et la disponibilité ; la restriction d’accès à tout moyen létal ; le traitement actif de la maladie mentale, notamment de la dépression, des troubles anxieux et des addictions ; et la réduction de la douleur physique. La France a mis en place depuis 2018 une stratégie nationale de prévention du suicide dont une des conséquences positives générales pourrait être la déstigmatisation, la fin de nombreuses idées reçues délétères et la mobilisation de nombreux acteurs au niveau des territoires autour de cette question. Le suicide de la personne âgée n’est pas une fatalité. Toutefois, la législation attendue sur les soins de fin de vie pourrait venir heurter la prévention du suicide des personnes âgées.
Le livret Accompagner le vieillissement des personnes en situation de précarité propose dans sa première partie une restitution des échanges de la journée régionale « Vieillissement et précarité » qui s’est déroulée le 12 décembre 2023, avec des cas pratiques, des recommandations et des ressources., et dans sa deuxième partie il présente l’analyse de l’enquête réalisée par la FAS Pays de la Loire en février 2023.
Participer à la vie sociale et vieillir en bonne santé : quel rapport ? Pourquoi vaut-il la peine d’impliquer les personnes âgées dans la prévention, et comment parvenir à une véritable participation ? Le premier rapport de la série « Vieillir en bonne santé – promotion de la santé avec les personnes âgées en Suisse » met l’accent sur la participation et le renforcement des personnes âgées.
Le document Vieillir en bonne santé – Promotion de la santé des personnes âgées en Suisse aborde les perceptions de la vieillesse et leur impact sur la santé des seniors. Il souligne que, malgré des stéréotypes négatifs associés au vieillissement, une majorité de personnes âgées se perçoivent en bonne santé. Le texte appelle à une réflexion sur ces images, qui influencent non seulement les attentes des seniors, mais aussi la manière dont la société les traite. Les recommandations incluent la nécessité de changer les perceptions et d'encourager une approche plus nuancée et réaliste de la vieillesse. Des témoignages de personnes âgées montrent la diversité des expériences et des sentiments liés à l'âge. Le rapport insiste sur l'importance d'un environnement favorable pour maintenir les capacités fonctionnelles des seniors. Enfin, il souligne que le changement d'attitude doit venir de toutes les parties prenantes, y compris des personnes âgées elles-mêmes, pour lutter contre l'âgisme et promouvoir un vieillissement en bonne santé.