À partir d’une revue de la littérature sur les comportements alimentaires des personnes modestes – définies ici comme les 40 % les plus pauvres en niveau de vie, ce Décryptage présente des éléments clés sur les pratiques et la relation qu’entretient cette catégorie de population avec l’alimentation durable. L’objectif est de mieux qualifier leurs comportements alimentaires et les aspirations, notamment vis-à-vis du reste de la population, afin de caractériser la participation de ce groupe social à la transition vers une alimentation durable. Il s’agit enfin d’identifier les conditions d’une véritable
co-construction des paradigmes alimentaires durables, dans une perspective de justice alimentaire
Veille documentaire - Personnes en situation de précarité
Un appel à projet auquel candidater ? Une publication incontournable ? Une actualité indispensable? Une vidéo particulièrement percutante ? Retrouvez ici les informations repérées chaque jour par notre équipe concernant toutes les thématiques du Rrapps.
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L'accessibilité sociale du projet de transition vers une alimentation durable fait débat. Sommes-nous face à une impasse ? Serions-nous condamnés à préserver le statu quo, seul modèle capable selon certains de fournir une alimentation accessible à tous ? Ou à mettre en œuvre une transition alimentaire performante sur le plan environnemental mais injuste socialement ? Ce billet cherche à montrer que l’on ne doit pas se laisser enfermer dans ce dilemme. Mais construire une transition alimentaire inclusive nécessite de clarifier les enjeux et de débattre collectivement des cadres de politiques publiques qui soient à la hauteur du défi.
Dans un avis adopté le 17 février 2022, la Commission nationale consultative des droits de l'homme rappelle que l'effectivité du droit à la santé impose de mieux prendre en compte les inégalités sociales de santé. Elle formule plus de 20 recommandations pour y remédier.
Trois quarts des personnes les plus aisées pratiquent une activité sportive, contre un peu plus de la moitié des plus modestes. Des écarts existent aussi en la matière selon le niveau de diplôme et la catégorie socioprofessionnelle.
Dans le cadre de la sortie de son Rapport sur l'état du mal-logement 2022, la Fondation Abbé Pierre publie sur YouTube des vidéos qui illustrent les problématiques connues pas les personnes en situation de mal-logement. Ces témoignages humanisent les questions politiques débattues au cours de la campagne présidentielle, et donnent des détails précieux sur les conséquences multiples de la précarité.
Les personnes en situation de sans-abrisme sont plus à risque de contracter l’infection à SARS-CoV-2, du fait notamment de leurs conditions de vie précaires qui rendent difficile le maintien des mesures barrières. Un projet de recherche portant sur la COVID parmi les personnes sans-abri (cohorte COVIDhomeless) a mis en évidence des discontinuités de recours aux soins chez les personnes incluses. Les auteurs décrivent une intervention innovante, issue du projet de recherche cohorte COVIDhomeless, dont l’objectif était de proposer une action mobile de dépistage COVID-19 et de suivi adaptée aux besoins des personnes en situation de sans-abrisme (rue, squat, bidonville ou hébergement d’urgence) à Marseille.
La gestion de la pandémie de COVID-19 a fait l’objet de mesures de santé publique à l’impact variable sur les différents segments de la société. Les auteurs restituent l’expérience et le vécu d’un groupe de personnes en situation de précarité, engagées dans le mouvement ATD Quart-Monde, sur la période spécifique de levée du premier confinement.
La mise en œuvre et l’application des actions destinées à la lutte contre la COVID-19 sont primordiales pour limiter la propagation du virus. Malheureusement, ces actions sont rendues très difficiles, voire impossibles pour une partie de la population, majoritairement présente dans les catégories socio-économiquement défavorisées. Cette difficulté est liée, d’une part, aux compétences insuffisantes en littératie en santé, relevées chez près d’un tiers de la population européenne, et, d’autre part, par leur exposition majorée au virus. La difficulté à lire et à acquérir les mesures sanitaires entraîne donc un défi pour les institutions, un fossé socio-économique et des répercussions sur les générations futures. Il n’y a donc pas d’autre choix que d’investir massivement dans l’éducation et la promotion de la santé, sur le long terme, pour minorer l’impact des crises et limiter ainsi l’accroissement des inégalités.
Médecins Sans Frontières (MSF) et le Comede (Comité pour la santé des exilé·e·s) alertent sur les conséquences de l’exil et de la politique de non-accueil de la France sur la santé mentale d’un nombre important de mineurs non accompagnés (MNA) qui ne sont pas pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). En plus de majorer les pathologies psychiques préexistantes, les conditions de vie précaires des MNA favorisent l’apparition de nouveaux troubles. En effet, parmi les 395 patients des psychologues, 50% sont atteints de troubles réactionnels à la précarité et 37% de syndromes psychotraumatiques. Ces constats sont le fruit de plus de trois ans de pratique clinique auprès des MNA dans le centre d’accueil de jour situé à Pantin en Ile-de-France.
Le démantèlement de « la jungle de Calais », décidé et organisé en 2016, sous le mandat de François Hollande, a conduit à la répartition des migrants dans des Centres d’accueil et d’orientation (cao) ouverts un peu partout en France. C’est dans ce contexte qu’a été décidée l’ouverture à Saint-Denis-de-Cabanne, paisible village du département de la Loire comptant autour de 1 300 habitants, d’un Centre d’accueil et d’orientation pour mineurs isolés (caomi), une catégorie de structure publique spécifiquement dédiée à l’hébergement temporaire des migrants présumés mineurs. L’arrivée de 66 jeunes migrants (dont 50 Érythréens, 14 Soudanais, un Afghan et un Gambien) en provenance de Calais, cet espace chargé de symboles et de désespoir, inscrivit de plein fouet une réalité macro-historique dans un environnement rural précisément « sans histoire ». Les faits qui se sont déroulés en ce lieu pendant quelques mois — arrivée des migrants en novembre 2016, départ des derniers d’entre eux en février 2017 —, sont d’éloquents échantillons des comportements humains qui peuvent émerger dans ces circonstances. Ces événements qui interpellèrent positivement de nombreuses consciences en insufflant un remarquable élan de solidarité et de générosité collectif, provoquèrent aussi une stigmatisation exacerbée que nous mettrons en évidence.