Les inégalités sociales de santé sont plus que jamais une priorité de santé publique. En France, depuis plusieurs décénnies, de nombreux travaux ont documenté l'ampleur, la persistance et les déterminants de ces inégalités. Selon les études de l'INSEE, les hommes cadres vivent en moyenne six ans de plus que les ouvriers. Chez les femmes c'est trois ans. De surcroît, l'accès aux soins est conditionné par la situation sociale et territoriale des populations. De plus, l'année 2020 a été marquée par la survenue d'une crise sanitaire mondiale sans précédent. La crise de la Covid-19 a joué un rôle démultiplicateur des inégalités sociales de santé, avec des effets à court terme déjà visible mais aussi à long terme. Les inégalités sociales de santé ne concernent pas seulement les personnes les plus précaires, les plus vulnérables socialement et économiquement. Elles concernent l'ensemble de la population et prennent la forme d'un gradient allant progressivement des plus défavorisés aux plus favorisés, sans délimitation nette d'un groupe particulier. La construction de la santé et des inégalités sociales de santé est un processus qui débute dès l'enfance, voire avant la naissance, et qui implique des déterminants multiples (logement, environnement, travail, famille,...). Ces déterminants sont susceptibles d'agir tout au long de la vie et de conduire ainsi à des écarts d'espérance de vie et de risques de maladie au sein de la population.