Face aux transformations majeures actuelles, le HCSP a analysé l’évolution de la santé des adolescents (10-19 ans) sur trente ans. Malgré une baisse de la mortalité, les accidents et suicides restent les principales causes de décès chez les 15-19 ans. La santé mentale se dégrade, surtout chez les filles, avec une augmentation des troubles anxieux et dépressifs. La consommation de tabac et drogues diminue, mais l’usage de la e-cigarette progresse. Le surpoids et l’obésité, en hausse jusqu’en 2005, se maintiennent à un niveau élevé, tandis que la condition physique baisse. Le mode de vie est marqué par une forte hausse du temps d’écran, une baisse de l’activité physique et du sommeil, ainsi qu’une alimentation déséquilibrée. Les violences verbales, sexuelles et le cyberharcèlement augmentent, alors que le harcèlement scolaire recule. Les inégalités sociales se creusent, en particulier en santé mentale et nutrition, amplifiées par la pandémie. Le rapport appelle à une politique de santé globale, préventive et adaptée, pour mieux répondre aux besoins spécifiques des adolescents.
Données probantes et prometteuses - Personnes en situation de précarité
David Banta en 2023, définit les données probantes comme "des conclusions tirées de recherches et autres connaissances qui peuvent servir de base utile à la prise de décision dans le domaine de la santé publique et des soins de santé », et le Centre de collaboration nationale en santé publique canadien (2011), précise que « la santé publique fondée sur des données probantes est "le processus consistant à extraire et à disséminer les meilleures données disponibles issues de la recherche, de la pratique et de l’expérience, ainsi qu’à utiliser ces données pour éclairer et améliorer la pratique et les politiques en santé publique". »
Les références bibliographiques mentionnées ci-dessous sont extraites de la base de données Bib-Bop ; les documents sont accessibles en ligne ou consultables dans notre centre de documentation à Dijon. Ils proposent des données probantes ou des synthèses de connaissances sur les thématiques de santé déclinées dans le cadre du Rrapps BFC.
Le projet REPERES, mené par le réseau Solipam et l’Observatoire du Samusocial de Paris, apporte pour la première fois une vision concrète et documentée des femmes enceintes sans domicile, jusqu’ici surtout connues à travers les témoignages de terrain. Cette étude, parmi les plus complètes en France sur la santé périnatale de ce public, s’appuie sur des données à la fois quantitatives et qualitatives pour analyser leur état de santé pendant la grossesse et à l’accouchement. Grâce à une approche combinant différentes méthodes (suivi dans le temps et analyse à un instant donné), elle met en lumière leurs conditions de vie, leurs parcours d’hébergement, leur accès aux soins, ainsi que leur exposition aux violences et les effets de l’instabilité résidentielle sur leur santé et celle de leurs enfants. Au-delà du constat, le projet vise à mieux comprendre leurs trajectoires afin d’apporter des éléments concrets pour améliorer les politiques publiques et les dispositifs d’accompagnement en Île-de-France.
Les épiceries sociales sont des lieux qui par leur objectif premier reçoivent du public confronté à la précarité alimentaire et par ricochet aux problèmes de santé tels que les maladies chroniques et l’obésité. Dans ce contexte d’inégalités sociales et en vue de répondre à un objectif de santé publique, le déploiement d’actions et d’outils adaptés à ces populations au sein même des épiceries a été lancé suite au projet PrévAlim qui s’est en priorité orienté vers l’accompagnement des bénévoles et professionnels de ces lieux.
Le Secours catholique analyse les effets du dérèglement climatique sur les populations les plus vulnérables. L’association a interrogé 152 personnes dans 14 territoires en France et à l’international, dont 119 directement touchées par des événements climatiques récents. Ces témoignages, complétés par ceux de 33 acteurs de terrain, ont fait l’objet d’une analyse croisée. Ce travail a permis d’identifier des spécificités locales tout en faisant émerger des enjeux communs. Sur cette base, le rapport appelle les pouvoirs publics à des politiques d’adaptation ambitieuses et justes, garantissant les droits essentiels et une reconstruction durable au-delà de l’urgence.
Ce rapport montre que les cités éducatives, dispositifs destinés aux jeunes des quartiers prioritaires, peuvent jouer un rôle important dans la promotion du bien-être, la prévention des troubles mentaux et l’orientation vers les soins, sans se substituer aux professionnels de santé. Les cités éducatives facilitent la coordination locale entre acteurs éducatifs, sociaux et sanitaires, et expérimentent des actions adaptées aux besoins des territoires. Le rapport souligne néanmoins des inégalités territoriales et un manque d’évaluation de l’impact des actions. Il formule dix recommandations pour renforcer ce rôle : intégrer explicitement la santé mentale dans les objectifs nationaux, associer davantage les acteurs de santé aux instances locales, cartographier l’offre existante, et développer des actions structurées et évaluables. L’objectif global est de mettre les cités éducatives au service d’une montée en puissance des actions de prévention et de promotion de la santé mentale des jeunes.
Ce rapport réalisé pour la Direction de l'administration pénitentiaire a pour objectif de restituer les principaux résultats de deux volets de recherche menés en 2022-2023. Les auteurs dressent un diagnostic des systèmes de restauration existants en France et à l’étranger ainsi qu’une analyse des pratiques alimentaires des personnes détenues. Ils présentent une recommandation découlant des résultats à savoir le remplacement du système de restauration actuel basé sur la distribution quotidienne de repas tout préparés par le versement d’un budget alimentation individuel permettant aux personnes détenues de préparer leurs repas en autonomie.
Malgré un système de santé performant, l’accès aux soins en France reste inégal. Ce rapport met en lumière l’impact de discriminations systémiques liées au genre, à l’origine, à la précarité ou à la situation administrative, qui entravent le parcours de soins de nombreuses femmes. Celles particulièrement exposées, femmes précaires originaires d’Afrique du Nord, mères célibataires, femmes en surpoids, travailleuses du sexe, femmes transgenres ou sans domicile, voient leur douleur minimisée, leurs symptômes banalisés ou psychologisés, et subissent des refus de soins, des erreurs diagnostiques ou un déni de prise en charge, avec des conséquences graves sur leur santé physique et mentale. Ces inégalités sont aggravées par le manque de formation des soignants aux biais discriminatoires, ainsi que par des dispositifs d’accès inadaptés, comme la dématérialisation des rendez-vous. Le rapport appelle à une stratégie nationale articulée autour de cinq axes : création d’un observatoire des discriminations, renforcement de la formation, adaptation des pratiques, facilitation des recours, et diversification des modalités d’accès afin de garantir un accès équitable, digne et respectueux aux soins pour toutes et tous.
Ce rapport de l’Agence nouvelle des solidarités actives (Ansa) relatif au pilotage de la médiation en santé au niveau local est structuré en trois parties. La première partie s’attache à retracer l’évolution de la médiation en santé, depuis ses origines associatives jusqu’à sa reconnaissance progressive comme politique publique. Elle examine le cadre juridique et réglementaire, les dispositifs expérimentaux, ainsi que les modes de pilotage institutionnels au niveau national. Elle détaille les différentes compétences des acteurs territoriaux dans lesquelles peuvent s’inscrire des actions de médiation en santé. La deuxième partie se concentre sur les fonctions clés du pilotage de la médiation en santé au niveau territorial. Elle détaille les actions de co-construction, de financement, de coordination, d’adaptation de l’offre de soins, de formation et de diffusion de la recherche, en insistant sur la répartition des responsabilités entre les différents acteurs publics et associatifs. La troisième partie propose une synthèse à partir d’études de cas menées dans les trois régions (Auvergne Rhône-Alpes, Grand Est, Pays de la Loire), afin d’illustrer concrètement les pratiques, les leviers et les défis rencontrés sur le terrain.
En 2022, les femmes constituaient plus de la moitié de la population exilée en France. Longtemps perçues comme de simples « rejoignantes » sans projet migratoire propre, elles sont pourtant de plus en plus nombreuses à entreprendre seules leur parcours d’exil. Une fois en France, beaucoup demeurent invisibles. Cette recherche, portée par la Maraude-migrants de France terre d’asile et développée dans le cadre du projet AMAL Autonomisation et protection des femmes migrantes (2023-2025), vise à améliorer les pratiques d’accompagnement et les dispositifs de prise en charge dédiés aux femmes exilées isolées. Elle dresse un état des lieux de leur parcours à Paris, des risques auxquels elles sont confrontées, des vulnérabilités qui en découlent et de leurs besoins spécifiques.
Ce rapport montre que les cités éducatives, dispositifs destinés aux jeunes des quartiers prioritaires, peuvent jouer un rôle important dans la promotion du bien-être, la prévention des troubles mentaux et l’orientation vers les soins, sans se substituer aux professionnels de santé. Les cités éducatives facilitent la coordination locale entre acteurs éducatifs, sociaux et sanitaires, et expérimentent des actions adaptées aux besoins des territoires. Le rapport souligne néanmoins des inégalités territoriales et un manque d’évaluation de l’impact des actions. Il formule dix recommandations pour renforcer ce rôle : intégrer explicitement la santé mentale dans les objectifs nationaux, associer davantage les acteurs de santé aux instances locales, cartographier l’offre existante, et développer des actions structurées et évaluables. L’objectif global est de mettre les cités éducatives au service d’une montée en puissance des actions de prévention et de promotion de la santé mentale des jeunes.
Cette synthèse des connaissances porte sur le froid hivernal et les enjeux de santé pour les personnes en situation d’itinérance, ainsi que sur la façon dont les risques pour la santé peuvent être gérés et communiqués. Elle s’appuie sur une revue des études publiées depuis 2013 faisant les liens entre l’exposition au froid et les risques sur la santé des personnes en situation d’itinérance ainsi que sur des pistes d’action en matière de réduction de ces risques. Elle vise à servir d’appui pour le développement d’un modèle de gestion des risques pour la prévention et l’intervention auprès de cette population lors du froid hivernal.
La Convention nationale des associations de protection de l'enfant (CNAPE) et le Carrefour National des Délégués aux Prestations Familiales (CNDPF) propose 18 recommandations visant à atténuer les effets de la précarité sur le développement de l’enfant. Elles soulignent l’importance d’un accompagnement précoce et soutenu des familles, dès la grossesse et tout au long des interventions de protection, afin de prévenir l’aggravation des situations de vulnérabilité.