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~ DES DÉFINITIONS ~

« Quel que soit son objet, l’addiction se définit comme la perte de contrôle d’un objet qui était à l’origine une source de gratification pour l’usager. Il s’agit d’une maladie chronique invalidante, source de détresse, caractérisée par une accumulation de dommages pour la personne atteinte, et sa rechute lors des tentatives de réduction ou d’arrêt. Le principal facteur prédicteur de la rechute est le craving, c’est-à-dire une envie persistante et involontaire de faire usage. Le craving est déclenché par des stimuli […], et s’avère un ressenti particulièrement intrusif et déstabilisant qui pousse à l’usage. Ces points d’addictologie fondamentaux nous permettent de faire une distinction essentielle entre trois modalités d’usage : l’usage sans problème, l’usage problématique (c’est-à-dire avec des dommages de différentes natures, mais sans perte de contrôle durable) et, enfin, l’usage avec addiction (maladie avec perte de contrôle, craving et rechute). […] Un enjeu scientifique dans le débat sociétal sur les écrans, parfois polémiste, est de rappeler que l’addiction aux écrans n’est pas à ce jour un diagnostic reconnu. »

 

Addiction aux écrans : un diagnostic valide ? Quelle ampleur pour ce phénomène ? Alexandre Jean-Mars, AriaCombe Marc, Boudard Mathieu. The Conversation, 16 novembre 2022. En ligne : https://theconversation.com/addiction-aux-ecrans-un-diagnostic-valide-quelle-ampleur-pour-ce-phenomene-194398

 


« Par opposition à un usage dit « raisonné », l’usage dit « abusif » des écrans se caractérise par une incapacité à contrôler le début et la fin d’une séance. L’objet d’intérêt, l’écran, présente un attrait infini et illimité : ses surprises sont inépuisables ; l’objet ne s’arrête pas, sauf en cas de panne. Un arrêt inopiné est d’ailleurs susceptible de déclencher chez l’utilisateur des colères extrêmes. Les conséquences dans la durée d’un usage exclusif, systématique et excessif d’un ou des outils numériques, sont différentes selon les personnes. Le premier avis du HCSP a montré qu’une exposition excessive aux écrans pouvait être à l’origine de troubles de l’attention, de la concentration, de la diminution de la mémoire instantanée, et plus systématiquement de troubles de la vision, du sommeil, de l’alimentation mais aussi de difficultés dans la vie relationnelle et sociale, avec une diminution des interactions, un frein dans les activités ordinaires, une volonté de retrait pouvant aller jusqu’à la réclusion.

[…] La reconnaissance de l’effet de captation des écrans reste controversée dans la littérature scientifique. Le phénomène varie en fonction du type d’outil numérique considéré et de son mode d’usage, de la classe d’âge et de la catégorie sociale de son utilisateur. Si la réalité diagnostique d’un usage problématique face aux objets numériques -surtout ceux reliés à l’internet- est envisageable, le concept de dépendance fait débat. »

Effets de l’exposition des enfants et des jeunes aux écrans (seconde partie) : de l’usage excessif à la dépendance. Paris : Haut conseil de la santé publique, 2021, 85 p. (Avis). En ligne : https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=1074

 

 

~ UNE ILLUSTRATION ~

 

Illustration

Les effets de l’exposition aux écrans des enfants et des adolescent-e-s : concepts-clés, revue de littérature et état des lieux des pratiques. Kassam Shanoor, Ferrari Romina. Neuchâtel : Institut de recherche et de documentation pédagogique, 2020, 108 p. En ligne : https://www.irdp.ch/data/secure/3463/document/202.pdf

Mise à jour : 21/11/2022