Dans un contexte où la prévention des troubles mentaux et la promotion du bien-être psychique des enfants constituent une priorité de santé mentale publique, la co- création d’interventions scolaires en littératie en santé mentale s’impose comme levier à déployer sans délai. Néanmoins, il n’existe pas de recommandations pour développer des interventions efficaces. L’objectif de cette étude était de proposer une feuille de route à partir de la description des étapes de la co-création de l’intervention « Ta santé mentale, c’est important ». Un groupe de travail hétérogène, incluant des enfants âgés de 9 à 11 ans, a développé une intervention multi-outils basée sur le cadre théorique du Child-Focused Mental Health Literacy Model. Plusieurs méthodologies (questionnaires, revue de la littérature, entretiens semi-directifs, fiches pédagogiques) ont été appliquées pour guider l’élaboration de l’intervention.
Veille documentaire
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Face au vieillissement démographique et à l’augmentation des troubles mentaux chez les aînés, le Centre de ressources et de preuve de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, avec l’appui de l’Union des gérontopôles de France, développe un programme de prévention fondé sur les preuves. Cette revue vise l’identification des interventions efficaces en prévention primaire pour promouvoir la santé mentale des personnes âgées autonomes vivant à domicile. Elle s’inscrit dans la démarche « Integrated Care for Older People » (OMS). Une revue systématique selon les recommandations PRISMA a été menée dans PubMed et Google Scholar (mars–avril 2025). Ont été inclus les essais contrôlés randomisés, les revues systématiques et les méta-analyses (2021–2025) concernant les personnes âgées de 60 ans et plus, autonomes à domicile. La qualité méthodologique a été évaluée avec AMSTAR-2 et l’outil Cochrane.
Cet article vise à valoriser le champ des interventions communautaires en promotion de la santé mentale LGBTQI+, ainsi qu’à souligner l’utilité d’une analyse des tensions entre ce champ et le droit commun. Les minorités sexuelles et de genre sont des populations à la fois particulièrement vulnérables en termes de santé mentale et réticentes à recourir aux professionnels de santé, de peur d’être stigmatisées ou mal accompagnées.
Face à cette réalité, les communautés LGBTQI+ se sont historiquement organisées pour développer des outils communautaires d’auto-support adaptés à leurs besoins, malgré des moyens matériels insuffisants et un contexte politique international menaçant. De par leur position en première ligne, elles sont des relais essentiels à la fois pour identifier les enjeux de santé mentale des publics LGBTQI+, pour poser les premiers jalons de réponses adaptées et pour faire évoluer les conditions de la prise en charge, et ce grâce à la création de réseaux de partenariats avec les professionnels de santé et les institutions. Cependant, la fragilité des dispositifs associatifs peut conduire à un épuisement des acteur·ices de terrain souvent peu formé·es aux enjeux de santé mentale.
L’article conclut qu’il est nécessaire de prendre en compte et de soutenir – notamment financièrement – des interventions communautaires LGBTQI+ dans les politiques de santé mentale publique, afin d’élaborer des réponses culturellement adaptées et socialement justes. Les structures de terrain LGBTQI+ constituent une porte d’entrée majeure de l’offre de santé mentale publique.
Il a longtemps été considéré – de manière réductrice – que l’action humanitaire avait vocation à soigner les maux physiques des populations de pays étrangers en proie à une crise d’origine politique (conflit) ou naturelle (catastrophe), et que l’action sociale avait pour objectif de pallier les dysfonctionnements d’origine sanitaire, juridique ou économique à l’œuvre dans l’espace « domestique » d’un pays donné. Cette distinction est-elle pertinente et, surtout, conforme à la réalité et aux besoins qui se font de plus en plus ressentir dans les pays dits développés ?
Alors que les villes offrent emplois, services et opportunités, leurs habitants déclarent paradoxalement une satisfaction de vie plus faible que les ruraux. Cette note explore ce paradoxe sous l’angle du cadre résidentiel, à partir des données de l’enquête SRCV.
La littératie en santé est l'un des concepts les plus influents de la promotion de la santé contemporaine. Cependant, son succès a engendré un biais explicatif. Plus précisément, les problèmes complexes de communication, de participation et d'engagement sont souvent réduits à de simples déficits de littératie en santé individuelle, tandis que les explications relationnelles, organisationnelles et structurelles sont reléguées au second plan. Cet article conceptualise ce schéma explicatif récurrent comme un « réductionnisme de la littératie en santé », soit la tendance à interpréter préférentiellement les problèmes complexes de communication et de promotion de la santé comme un manque de littératie en santé individuelle chez les patients ou le grand public. En nous appuyant sur ce concept et en le distinguant des débats critiques connexes, tels que le cadrage par déficit, la culpabilisation des victimes, la stigmatisation, l'injustice épistémique, les approches structurelles et la médicalisation, nous soutenons que le réductionnisme de la littératie en santé fonctionne comme une logique explicative transversale susceptible de faciliter la reproduction de chacun de ces phénomènes. Nous présentons un spectre permettant de distinguer les explications valides en matière de littératie en santé des excès réductionnistes, ainsi que des questions diagnostiques pour les identifier. Quatre codes analytiques préliminaires (attribution du déficit, incompréhension présumée, alternatives omises et invisibilisation du modèle) ont été proposés et appliqués à la littérature publiée sur l'observance thérapeutique, le silence clinique, la prise de décision partagée et l'hésitation vaccinale. Cette étude a mis en lumière les implications pour la recherche, la promotion de la santé, la pratique clinique et l'organisation des établissements de soins.
Aging, a universal and inevitable process, is characterized by a progressive accumulation of physiological alterations and functional decline over tim…
Dans le champ de la santé mentale, l’expression d’un besoin et le recours aux soins sont des phénomènes complexes. Cet article mobilise l’enquête Épidémiologie et conditions de vie sous le Covid-19 (Epicov) pour estimer la part de la population résidant en France hexagonale, Martinique, Guadeloupe et à La Réunion, qui exprime un besoin de soins de santé mentale et, parmi les personnes concernées, celles qui n’ont pas consulté de professionnel de santé ou de psychologue. Partant d’une revue de la littérature dédiée à ces questions, nous avons utilisé des statistiques bivariées et des modélisations multivariables pour identifier les principaux facteurs associés à l’expression d’un besoin et le non-recours à la consultation.
D’après cette étude, l’expression d’un besoin de soins de santé mentale touche 14 % de la population. Parmi ces personnes, un cinquième déclare ne pas avoir consulté de professionnel de santé ou de psychologue, une situation qui concerne plus particulièrement les jeunes, les personnes d’origine extra-européenne et celles ayant peu de soutien social. Les disparités constatées dans l’expression du besoin et le recours à la consultation semblent surtout liées à des différences de capital culturel, plutôt qu’à des inégalités économiques.
En France, la surmortalité des immigré∙es et descendant∙es d’immigré∙es lors des premières vagues de la pandémie de Covid-19 a été documentée et expliquée par les conditions matérielles de vie. Ces dernières ont, certes, joué un rôle prépondérant, mais le risque de décès par Covid-19 parmi les minorités ethnoraciales a également pu être accentué par des prévalences plus élevées du diabète et de l’obésité. À notre connaissance, il n’existe pas de données disponibles en France sur les différentiels de prévalence du diabète et de l’obésité selon l’origine. En nous appuyant sur les données de l’enquête Épidémiologie et conditions de vie sous le Covid-19 (Epicov), une enquête représentative de la population de France hexagonale, nous souhaitons contribuer à une meilleure connaissance de la prévalence du diabète et de l’obésité dans la population et des dynamiques d’inégalités sociales de santé qui sont en jeu. Nous mettons en évidence des disparités importantes selon l’origine, avec une approche démographique par les taux standardisés par âge qui met en lumière non seulement le surrisque des immigré∙es d’Afrique et d’Asie, mais également celui des descendant∙es d’immigré∙es des mêmes régions et des personnes originaires des départements et régions d’outre-mer, par rapport à la population majoritaire. Ces différences observées ne s’expliquent pas entièrement par la position sociale des individus, ce qui suggère que d’autres facteurs entrent en ligne de compte.
L’enquête nationale de cohorte à l’échelle de la population, Epicov (Épidémiologie et conditions de vie sous le Covid-19), a été menée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), en collaboration avec l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et Santé publique France. Un échantillon de 371 000 personnes a été tiré au sort dans les fichiers démographiques sur les logements et les individus (Fidéli) de l’Insee. Quatre vagues d’enquête ont eu lieu en mai 2020, novembre 2020, juin 2021 et octobre 2022. Les données ont été collectées à l’aide d’un questionnaire administré par téléphone ou par Internet, complété par un autoprélèvement sérologique réalisé à domicile. Epicov constitue ainsi une source précieuse pour la recherche et la statistique publique, tant d’un point de vue méthodologique que par la diversité et le caractère multidisciplinaire des thématiques abordées.
Cet article propose un état des lieux des connaissances sur les inégalités sociales de santé liées à l’alimentation en France. Il aborde l’insécurité alimentaire, les déterminants sociaux et économiques des pratiques alimentaires des ménages modestes, ainsi que leurs conséquences nutritionnelles. Le constat important est qu’il est plus difficile d’adopter une alimentation à la fois saine et durable lorsque le budget alimentaire est contraint. Sans viser une analyse des évolutions nécessaires des politiques nutritionnelles, sociales ou environnementales (débat essentiel mais dépassant le cadre de cet article), notre objectif est de fournir aux professionnels de santé et de l’action sociale des repères pour mieux comprendre à la fois les contraintes structurelles auxquelles font face les personnes à faibles revenus et les stratégies qu’elles déploient au quotidien. En rendant visibles ces obstacles et ces marges de manœuvre, l’article vise à favoriser une adaptation des discours et des messages, afin de mieux accompagner ces publics. Nous identifions quatre stratégies complémentaires permettant de tendre vers des approvisionnements alimentaires plus sains et plus durables avec un petit budget : (i) maîtriser les quantités, (ii) éviter les aliments chers dans leur catégorie, (iii) acheter à faible prix un aliment donné et (iv) rééquilibrer les régimes en végétalisant de manière adéquate. Ces stratégies, déjà largement mises en œuvre dans les foyers modestes, sont analysées à l’aune de leurs bénéfices mais aussi des risques potentiels qu’elles comportent.
Façonnant les normes corporelles, les réseaux sociaux produisent des effets délétères sur la santé par une forme de « toxicité invisible ».