Conçues pour limiter les incidences sur la faune et la flore de constructions à venir, telles les mégabassines dans les Deux-Sèvres ou le futur téléphérique de La Grave dans les Alpes, les études d’impact sont critiquées pour leurs insuffisances.
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Le moustique tigre est désormais implanté dans au moins 22 communes de Saône-et-Loire, ce qui concerne près d'un tiers de la population du département.
Sans-abri : expériences et politiques
Messages clés
On retrouve des tiques dans tous les types d’environnements extérieurs. En général, elles se trouvent dans les plantes et les arbustes formant la couverture végétale, dans les feuilles mortes au sol et à moins de trois mètres des lisières des forêts ou du périmètre d’une cour.
L’habitat des tiques varie selon l’espèce : les variétés d’Ixodes préfèrent les environnements très humides, tandis que les espèces du genre Dermacentor privilégient les environnements plus secs. La biologie des tiques et les préférences relatives à l’habitat selon les espèces au Canada devront faire l’objet d’autres recherches.
Les pratiques d’aménagement paysager peuvent contribuer à réduire la présence des tiques en modifiant l’environnement de façon à ce qu’il soit moins accueillant pour ces dernières. Quelques stratégies possibles : 1) réduire la densité de la végétation pour limiter l’habitat des tiques; 2) accroître l’exposition au soleil et diminuer l’humidité pour déshydrater les tiques; et 3) limiter l’accès des animaux sauvages aux terrains résidentiels et l’établissement d’habitats sur ceux-ci en installant des clôtures et en choisissant les plantes adéquates.
La lutte chimique contre les tiques au moyen d’acaricides est efficace lorsque les produits sont appliqués à la fin du printemps ou au début de l’été pour réduire les populations de nymphes. La pulvérisation dans les zones à haut risque seulement peut optimiser la réduction des répercussions environnementales des acaricides.
Des plateformes de science citoyenne en ligne comme eTick.ca/fr et iNaturalist.ca peuvent aider les usagers des parcs à obtenir de l’information sur les tiques.
D’autres études seront nécessaires pour évaluer l’efficacité des panneaux dans les parcs visant à augmenter la sensibilisation et l’éducation des visiteurs relatives aux tiques et aux maladies qu’elles transmettent.
Introduction
La distribution géographique des tiques continue son expansion au Canada et dans l’ensemble de l’Amérique du Nord en raison du réchauffement climatique, de la migration des animaux hôtes et de la fragmentation des terres, des facteurs accroissant le risque d’exposition aux maladies émergentes transmissibles par les tiques1-5. Ces arthropodes sont des vecteurs de divers agents pathogènes bactériens, viraux et protozoaires transmissibles à l’humain et à d’autres espèces animales6. Le présent document a pour objectif : 1) de passer en revue les stratégies visant à réduire l’habitat des tiques et le risque de transmission de maladies dans les parcs, les espaces récréatifs et les propriétés résidentielles; et 2) d’explorer le rôle de la science citoyenne et des outils de communication des risques dans la diffusion d’information et la promotion de comportements de protection personnelle pour limiter les contacts avec les tiques. Il s’agit du troisième document d’une série de quatre portant sur les risques pour la santé liés à l’exposition aux tiques au Canada. La première revue, intitulée Tiques au Canada : état des lieux et risques sanitaires, se trouve ici; la deuxième, intitulée Les impacts du climat et des changements à l’aménagement du territoire sur les risques liés aux tiques, peut être consultée ici.
Méthodologie
Nous avons examiné des publications universitaires et des publications parallèles pour trouver des renseignements sur les tiques, la gestion des risques, la gestion du territoire, les milieux et l’aménagement paysager, la lutte antiparasitaire intégrée, la science citoyenne, la communication des risques (dans divers médias) et les connaissances, les attitudes et les pratiques. Un ensemble de sources anglaises pertinentes a été tiré des bases de données suivantes : Web of Science, PubMed et Google Scholar. Des publications parallèles et des rapports émis par des établissements universitaires, le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux et territoriaux et les agences de santé publique ont aussi été examinés. Même si la période de recherche commençait principalement après l’an 2000, nous avons utilisé quelques publications déterminantes antérieures. Nous avons également ajouté d’autres sources repérées à partir de celles retenues ou qui en faisaient mention.
Pour faire partie de la sélection, les articles, rapports et sites Web devaient traiter des tiques et d’au moins un des sujets suivants : stratégies de gestion, science citoyenne ou communication des risques. Les noms latins et courants des agents pathogènes et des tiques vectrices ont été inclus dans les recherches. La majorité des publications portaient sur des régions des États-Unis et d’Europe où les tiques sont endémiques depuis bien plus longtemps. Nous avons utilisé de manière préférentielle des publications canadiennes, quand cela était possible. Les recherches concernaient principalement la maladie de Lyme et Ixodes scapularis; toutefois, les mêmes considérations s’appliqueraient aux autres agents pathogènes transmis par les tiques et aux autres espèces de tiques.
En fin de compte, 106 sources ont été incluses dans la revue. Toute la documentation a été analysée et synthétisée par une même personne, et le rapport final a été soumis à deux examens, l’un interne et l’autre externe. La liste complète des termes recherchés et des résultats est disponible sur demande.
Résultats
Revue des stratégies de gestion environnementale
On retrouve les tiques en milieu urbain, en banlieue et dans les espaces récréatifs7. Le risque de contact avec des tiques dépend du lieu et peut varier grandement le long d’un même tronçon de sentier en raison d’un certain nombre de facteurs interreliés qui influencent la survie des populations, notamment les espèces de tiques, les variables climatiques, l’écologie, les habitudes de déplacement des populations hôtes et les caractéristiques de l’aménagement du territoire, comme expliqué ici8.
La gestion des tiques occupe une place de plus en plus importante dans la limitation des contacts avec les tiques et de l’exposition aux infections qu’elles peuvent transmettre; il s’agit toutefois d’un processus à la fois complexe et ardu, puisqu’il faut tenir compte des espèces de tiques, des animaux hôtes, des habitats, des initiatives locales de santé publique et du comportement humain9, 10. Bien que la santé publique et les municipalités soient responsables des territoires publics et récréatifs, les initiatives liées aux tiques imposées par le gouvernement jusqu’à présent avaient une portée limitée ou nulle9, 11-13. Des mesures gouvernementales individuelles et intersectorielles sont nécessaires pour lutter contre l’augmentation constante et la propagation géographique des tiques en Amérique du Nord14.
La stratégie la plus efficace pour gérer les populations de tiques dans l’environnement est l’approche de lutte antiparasitaire intégrée combinant des stratégies de gestion environnementale pour réduire l’habitat des tiques ou limiter l’exposition humaine dans les zones où il y a présence de tiques10, 15. Cette approche basée sur l’écosystème prend en compte des outils biologiques, culturels, physiques et chimiques pour atténuer le risque d’infestation parasitaire tout en réduisant au minimum les répercussions environnementales et humaines16. Dans le contexte des tiques, la lutte antiparasitaire intégrée concerne les stratégies qui : 1) réduisent au minimum le risque de piqûres de tiques et d’infections transmises par les tiques pour l’humain; 2) limitent les risques liés aux tiques pour l’humain, les animaux et l’environnement; et 3) réduisent au minimum la probabilité de résistance aux insecticides chimiques dans le cadre de programmes de régulation des tiques16, 17. Elle peut comprendre des mesures de protection personnelle (précédemment décrites ici) accompagnées d’une combinaison de stratégies à l’échelle municipale et résidentielle, comme l’aménagement paysager, le brûlage dirigé, les méthodes chimiques de régulation des tiques, la lutte biologique et la prévention des piqûres de tiques chez les animaux de compagnie.
Aménagement paysager
Les tiques sont des arthropodes robustes qui peuvent survivre dans des conditions météorologiques et environnementales extrêmes. Leur survie dépend des éléments paysagers qui créent des habitats qui leur sont favorables et qui sont aussi propices pour leurs animaux hôtes. On peut les retrouver dans n’importe quel type d’environnement, bien que les préférences en matière d’habitat varient selon l’espèce18. En général, les tiques se trouvent dans les forêts de feuillus, les couvertures végétales formées de zones buissonnantes et les feuilles mortes et les troncs d’arbre tombés au sol, de même qu’à la lisière des régions boisées, qu’on appelle aussi l’écotone10, 12, 19-23. Les variétés d’Ixodes habitent souvent des environnements humides (p. ex., les feuilles mortes au sol dans une forêt), tandis que les espèces du genre Dermacentor préfèrent les habitats plus secs, comme le gazon et les arbustes24. On retrouve généralement moins de tiques dans la végétation ornementale (plantes vivaces et annuelles comme la lavande, le romarin, le chrysanthème et l’iris), les sols dénudés et la pelouse rase, surtout aux endroits directement exposés au soleil10, 12, 25-30. Dans les zones résidentielles, les tiques se trouvent souvent à moins de trois mètres du périmètre de la cour, en particulier dans les lots avoisinant des zones boisées, dans les murs de pierre (autoportants et de soutènement) ou le long des zones dotées de plantes ornementales ou d’une couverture végétale denses10. L’objectif de la lutte antivectorielle contre les tiques dans le cadre de l’aménagement paysager est de modifier la végétation pour rendre l’environnement moins intéressant pour les tiques et les animaux hôtes10, 12, 13. Voici les principales manières d’effectuer de telles modifications :
Choisir les plantes judicieusement pour réduire la densité de la végétation et ainsi limiter l’habitat...
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