Contexte – En France, les taxes sur le tabac ont augmenté à plusieurs reprises dans le cadre des plans nationaux de lutte contre le tabagisme, puis sont restées stables dans le contexte de la crise du Covid-19. L’objectif de cette étude est de rendre compte de l’évolution récente de l’opinion des Français sur l’augmentation des taxes sur le tabac, et de la motivation à l’arrêt qu’elles suscitent parmi les fumeurs.
Méthodes – Les données proviennent d’une enquête téléphonique réalisée en 2022 par Santé publique France. L’échantillon, constitué de manière aléatoire, incluait 3 229 individus âgés de 18 à 75 ans vivant en France hexagonale, Corse comprise.
Résultats – En 2022, près de la moitié (48,8%) des 18-75 ans estimaient que l’augmentation des taxes sur le tabac était justifiée, proportion stable par rapport à 2018. Cette proportion variait, allant de 19,4% parmi les fumeurs quotidiens, en baisse par rapport à 2018 (23,4%), à 64,0% parmi les personnes n’ayant jamais fumé (62,4% en 2018, différence non significative). Un tiers des fumeurs ont déclaré que les hausses du prix du tabac les avaient motivés à arrêter de fumer, en baisse par rapport à 2018. Un tiers des ex-fumeurs ayant arrêté depuis moins de 5 ans ont déclaré avoir été motivés par les hausses du prix du tabac. La probabilité d’être motivé à arrêter de fumer pour cette raison était plus élevée parmi les fumeurs ayant les revenus les plus faibles.
Conclusion – La hausse du prix du tabac semble avoir un impact sur la motivation à arrêter de fumer, en particulier chez les fumeurs issus de milieux socio-économiques défavorisés. Cependant, une baisse de ces indicateurs a été observée chez les fumeurs, ce qui pourrait être lié à la moindre augmentation du prix du tabac au cours des deux dernières années observées.
Veille documentaire
Un appel à projet auquel candidater ? Une publication incontournable ? Une actualité indispensable? Une vidéo particulièrement percutante ? Retrouvez ici les informations repérées chaque jour par notre équipe concernant toutes les thématiques du Rrapps.
Et pour ne rien manquer, n'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter quotidienne La Veille du jour en vous inscrivant depuis cette page.
Introduction – En France hexagonale (Corse incluse), le dépistage organisé du cancer colorectal repose sur la réalisation d’un test de recherche de sang occulte dans les selles, tous les deux ans, de 50 à 74 ans. En cas de résultat positif, il est recommandé de réaliser une coloscopie dans les 31 jours. Cependant, celle-ci est souvent effectuée plus tardivement et n’est parfois pas pratiquée. L’objectif de cette étude est d’identifier les facteurs associés à la réalisation de la coloscopie à trois temps : 1, 3 et 24 mois après un FIT (Fecal Immunochemical Test) positif.
Méthode – L’étude porte sur les individus avec un résultat positif au FIT en France hexagonale entre 2016 et 2020. La réalisation ou non de la coloscopie à chacun des trois temps était recueillie. Des modèles de régressions logistiques ont été ajustés pour estimer les facteurs associés à la non-réalisation de la coloscopie.
Résultats – Parmi les 530 674 individus étudiés, 4,7% avaient réalisé la coloscopie à 1 mois, 52,2% à 3 mois et 87,0% à 24 mois du FIT. En analyse multivariée, les facteurs associés à la non-réalisation de la coloscopie à 24 mois étaient l’âge, le sexe masculin, le primo-dépistage, la défavorisation sociale et l’absence de transmission des résultats du FIT au médecin traitant.
Conclusion – D’importantes inégalités persistent dans l’accès à la coloscopie après un FIT positif, à court et long terme. Ces résultats plaident pour la mise en place de dispositifs spécifiques pour améliorer l’aval du dépistage, en particulier chez les populations vulnérables.
L’hésitation vaccinale parentale demeure un enjeu majeur de santé publique en France, malgré la vaccination infantile obligatoire. L’entretien motivationnel (EM) s’est révélé prometteur pour réduire cette hésitation et accroître l’intention de vacciner. Cette étude visait à évaluer l’impact durable d’une intervention basée sur l’EM sur l’hésitation vaccinale et l’intention de vaccination chez les mères en post-partum dans le Sud-Est de la France. Nous avons mené un essai contrôlé randomisé (ECR) dans deux maternités du Sud-Est de la France entre novembre 2021 et avril 2022. Au total, 733 mères ont été randomisées pour recevoir soit une séance d’EM animée par des sages-femmes formées, soit une brochure d’information. Nous avons utilisé le questionnaire « Attitudes des parents face à la vaccination infantile » pour évaluer l’hésitation vaccinale (score de 0 à 100) et une question unique pour mesurer l’intention de vaccination (score de 1 à 10). Les données relatives à l’hésitation vaccinale et à l’intention de vaccination ont été recueillies avant l’intervention (T0), immédiatement après (T1) et en moyenne sept mois plus tard (T2). Des modèles de régression linéaire, ajustés pour tenir compte des facteurs de confusion potentiels, et la méthode de sélection en deux étapes de Heckman ont été utilisés pour analyser les données. Sept mois après l'intervention, nous avons observé une réduction des scores de confiance vaccinale (10,1/100 points, p 0,0001) et une augmentation des scores d'intention de vaccination (0,8/10 points, p = 0,01) par rapport au groupe témoin. L'impact de l'entretien motivationnel (EM) était constant, quelle que soit la situation financière perçue. Nos résultats démontrent que l'EM a un effet durable sur la réduction de la confiance vaccinale et l'augmentation des intentions de vaccination chez les mères en post-partum. L'EM devrait être considéré comme une stratégie clé pour renforcer et maintenir la confiance vaccinale. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer l'impact des interventions d'EM auprès d'autres populations sous-vaccinées, telles que les femmes enceintes.
Informations concernant la mission polyhandicap mise en place en Bourgogne Franche-Comté : la mise en place du plan de formation, l'animation des groupes de travail, la création du centre ressources polyhandicap...
Fragilités et enjeux de santé spécifiques des territoires ruraux français
Mesurer les inégalités dans un espace géographique n’est pas aussi évident qu’il y parait. Quelle échelle choisir ? Quels sont les pièges à éviter ? L’analyse de Louis Maurin.
Les marges de manœuvre des maires sont réduites en matière de redistribution des revenus. Pourtant, du logement à la petite enfance, leur action a un impact essentiel sur les inégalités. L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.
L’année 2025 a été marquée d’un nouveau souffle autour des compétences psychosociales (CPS) au sein de l’école de L’Isle-sur-le-Doubs. L’établissement s’est engagé dans une démarche ambitieuse : transformer le climat d’une classe de CE2 grâce à un travail en profondeur sur les émotions, l’estime de soi et la qualité des relations entre élèves.
Cet appel à projets s’inscrit dans le cadre de la feuille de route Éducation à l’environnement 2025-2027 de la Région Bourgogne Franche Comté. Il s’agit d’amener les élèves à prendre conscience des enjeux environnementaux actuels, tout en devenant acteurs et actrices de leurs apprentissages, afin d’encourager les changements de comportements.
Cette note présente les enseignements et les résultats de l'enquête nationale menée entre juillet et septembre 2025 auprès de 117 intercommunalités sur les politiques de cohésion sociale intercommunales. Elle dresse un état des lieux de la manière dont les intercommunalités portent et pilotent les politiques de cohésion sociale, quelles relations elles tissent avec les autres acteurs, quelles ressources elles mobilisent, quels enjeux ont marqué le mandat 2020-2026 et quels enjeux se poseront dans les prochaines années.
L'urbanisme favorable à la santé (UFS) vise à intégrer la santé et le bien-être comme critères centraux dans les politiques d'aménagement urbain, en agissant sur les déterminants environnementaux, sociaux et comportementaux. Cette approche permet de réduire l'exposition aux risques (pollution, chaleur, isolement) et de favoriser l'exposition à des facteurs de protection (espaces verts, mobilité active, accès aux soins). Trois "boosters" ont été organisés pour accélérer le déploiement de l'UFS en France. Ces événements, basés sur l'intelligence collective et la pluridisciplinarité, réunissent des acteurs variés (élus, urbanistes, chercheurs, associations) pour co-construire des solutions innovantes. [Résumé auteurs]
Dans le cadre de son cycle de travail sur densité urbaine et santé, la section Urbanisme favorable à la santé (UFS) de la Société francophone de santé et environnement (SFSE) a organisé un atelier contributif centré sur les interactions entre urbanisme, santé publique et dynamiques sociales. Espace de dialogue et de réflexion collective, cet atelier a permis de partager des constats et de faire émerger des pistes d’action. Il a mis en évidence que la planification urbaine ne peut plus se faire sans une approche transversale, intégrant les préoccupations sanitaires, sociales et environnementales. Il a également permis d’affiner la réflexion par le recueil d’expériences et d’idées, éclairant des thématiques particulières : l’activité physique en air pollué ; comment une vision stratégique et inclusive de la densité peut devenir une force pour une métropole européenne ; comment accompagner la reconversion des friches urbaines et industrielles et la vision d’une densification ; la densification conflictuelle dans une capitale africaine. Cette synthèse rend compte de l’atelier contributif et constitue l’introduction d’un dossier thématique consacré aux relations entre densité urbaine et santé.